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Enfance 2

Les Berges de la Saône

Les Berges de la Saône - Tetelpinpin

  La large plage des années 50 était identique à cette vue de 1930

A cette époque des années 50, les quais n'existaient pas encore.

La plage s'étendait d'ouest en est de la rue de la plage jusqu'à la Saône, et du sud au nord du pont  du chemin de fer, jusqu'à la rue des Varennes. Au delà, on pouvait emprunter de petits chemins piétonniers qui serpentaient à travers les buissons. Des coins très fréquentés par les amoureux. 

En arrivant par la rue des Varennes on tombait directement sur une grande esplanade de pelouse très ensoleillée, avec terrain de volley et espaces de bronzage. C'est dans ce secteur que le père Duc et le père Dafort  avaient installé leurs stands de location : bateaux pour Dafort, et chez Duc on pouvait louer des "pédalos" et des "périssoires". Elles portaient bien leur nom, car ce petit canoé individuel se retournait  facilement au passage des péniches et surtout des grosses péniches "Citerna" qui produisaient des vagues importantes.

Les baigneurs étaient nombreux, surtout les dimanches quand les lyonnais montaient par le "Train Bleu" pique-niquer à la plage de Collonges, et ensuite se baigner.
Les plus aventureux traversaient à la nage pour atteindre l'Ile Roy. Mais beaucoup ne savaient pas nager.

Les étés, il y avait souvent un noyé par semaine, car les gens s'aventuraient dans le lit de la rivière sans précautions. Le draguage de la Saône pour améliorer le transport fluvial avait diminué la sécurité des baigneurs. La pente douce initiale de la plage se transformait  sur certains secteurs, en pente abrupte, faisant perdre pied.

Mais la Saône que je préférais était celle du coucher de soleil. Tout redevenait calme et serein après le départ des touristes de l'après-midi.

Alors, avec mon copain Popaul qui était un pêcheur averti, on sortait nos cannes à pêche, et on allait traquer l'ablette. On rentrait dans l'eau jusqu'à la taille pour pouvoir lancer le fil au plus loin. Cette pêche se pratiquait sans plomber la ligne, car les ablettes mordent en surface.

Une autre pêche à laquelle "Négus" m'avait initié était celle du goujon. C'était le contraire de l'ablette. On devait gratter le sol, sous l'eau, avec un long grappin pour attirer ces poissons "de fond".

 

Les guinguettes

Mais la plage, c'était aussi de nombreuses guinguettes qui s'étalaient sur les 600 mètres de la rue de la Plage. Dans les années 50, il y en avait 9. La plupart ont disparu ou se sont transformées. La guinguette de Georges Bocuse est devenue le restaurant gastronomique *** de son fils Paul. "Le Cottage" s'est agrandi pour monter en qualité. C'est le Comme en Provence" actuellement. mais il maintient encore la tradition guiguette avec friture ou grenouilles à sa carte.
La guinguette "Beau rivage" de chez Rey n'existe plus, celle de Dutrève a été transformée en habitation, celle de Jaloux a été démolie. Sur l'ile Roy le Lido et le Crusoé ont fermé.

Plus au Nord, vers Island, la guinguette "Aux acacias" était tenue par Nelly, une femme très avenante. Après la construction du quai, cette guinguette a été transformée en Hotel-restaurant.


La destruction de la plage.

La construction du quai actuel a débuté fin 1970. Ce chantier devait relier le Pont de Collonges au Pont de Fontaines. Il y a eu quelques oppositions à cette réalisation; notamment les dirigeants du club Nautique. Celui-ci était positionné sur le trajet de la voie, et devait donc être démoli. La plage a été d'abord complètement détruite par les bulldozers des Ponts et Chaussées. De nombreux peupliers ont été arrachés. Il n'est resté en bordure de rivière qu'une langue de terre plus ou moins large accessible aux pêcheurs, et aux promeneurs. Quelques années plus tard, des familles de castors sont venu s'abriter sur l'ile Roy. Elles sont alors venues chercher leur nourriture sur les anciennes berges de la plage désertée. Récemment un chemin piéton bucolique a été créé. Il permet de retrouver les vues magnifiques du bord de Saône à toutes les saisons et repérer les traces des castors

Nostalgie.  

 

La boule lyonnaise et les clos boulistes

La boule lyonnaise était une véritable institution à Collonges. Il existait encore 8 clubs boulistes dans la commune, dans les années 50

Les parties se déroulaient soit en "tête à tête". Dans ce cas chaque adversaire doit être efficace au point et au tir. Chacun possède 4 boules.

En "doublette" un pointeur et un tireur dans chaque équipe, chacun ayant 3 boules. 

En "quadrette", les équipes alignaient généralement 2 pointeurs et 2 tireurs. Dans ce cas, chaque joueur n'a droit qu'à 2 boules.


Les clubs boulistes de Collonges en 1950

Ils  étaient dispersés géographiquement dans la commune. Ils pratiquaient le jeu de boules dans des espaces que l'on nommait des "clos".

Chaque "clos" disposait en moyennel de 4 jeux pouvant fonctionner en parallèle. C'était suffisant pour les parties amicales. Les "clos étaient tous rattachés à un "café". Pour les jeux amicaux les "pots" de rouge étaient aisi à proximité.

 Mais pour les grands concours, par éliminatoire, intercommunaux  tous les clubs de la commune se fédéraient pour offrir leurs terrains à la compétition. Les 1/2 finales et la finale se déroulait souvent de nuit. Il y avait énormément de spectateurs pour suivre les exploits de leurs champions.


* La boule Joyeuse du Bourg se situait Café de la Mairie. Elle a disparu avec la faillite du café.

* Le Boulo-club du café Borisoff à disparu. L'établissement est devenu L'Abbaye de Paul Bocuse.

* La Boule Fraternelle du café Point en plein centre de Trèves-Pâques disparu. L'emplacement a été transformé en voirie pour relier la rue de la République à la rue Général de Gaulle.

* La Boule Saint-Martin. Le café Restaurant "le Relais Saint-Martin" a cessé son exploitation.

* La boule de l'Avant Garde. Le café Garde a disparu, avec sa société bouliste. C'est maintenant un salon de coiffure et un particulier qui occupent les lieux.

* La Boule de la Gare n'existe plus, mais "le café de la gare" est toujours en activité.

* La Boule des Pétroles a disparu, et son café des Sablières a été vendu, puis démoli.

* La Boule des Tonelles avec son café restaurant "Le Collongeard" a  laissé place à un immeuble récent sur la rue de Gélives.

Voila le bilan d'une disparition historique.

Le jeu se pratique maintenant à travers l'Association La Boule Sportive au stade de la rue de la Plage.

 

Le Café de la Mairie et ses jeux de boules.

C'était le quartier général de ceux qui habitaient depuis le Centre Bourg jusqu'au Vieux Collonges. Le Café de la Mairie était le Centre du jeu de Boules en extérieur, mais aussi du jeu de Tarot à l'intérieur, semaine et week-end.

Il y avait 4 jeux de boules, en escaliers. Les deux du bas étaient les mieux entretenus, bien sablés, bien roulés, et pour cela les plus utilisés par les bons joueurs.

Papa était un assidu. Son métier d'artisan lui permettait d'être flexible pour ses loisirs et pour les concours de boules : locaux, Val de Saône, ou de Pentecôte à Bellecour. C'était un très bon joueur. Il était très demandé en "doublette" ou en "quadrette", car il était un tireur efficace qui faisait souvent de nombreux "carreaux" à 12 ou 18 mètres de distance.

J'allais souvent le voir jouer avec ses amis (Jean Vallo, Bessette, Mazuir, père Mollo...) Je suivais toutes les subtilités d'utilisation de "balmes" invisibles pour amener, en pointant, la boule au plus près du but. L'espace de jeu se situait au delà de la ligne des 12 mètres, mais dans un espace long de 6 mètres 50.  Ce n'était pas toujours la ligne droite qui était le meilleur chemin dans un terrain que l'on supposait plat à l'oeil nu !

J'allais aussi m'entrainer à pointer et à tirer, sur les jeux libres. Et quand il manquait un joueur pour faire le nombre, on m'incorporait dans ces équipe d'adultes.

Quand je regardais jouer, j'étais toujours délégué à faire sonner la petite cloche qui annonçait une "Fanny". C'est à dire qu'une équipe n'avait fait aucun point.

Alors, on présentait aux perdants, un tableau avec une peinture représentant une femme bien charnue qui remontait sa robe et montrait ses fesses nues. Certains quittaient leur couvre-che, d'autres se mettaient à genoux pour l'embrasser à cet endroit précis.

D'où l'expression : "embrasser Fanny".

Mais le plus spectaculaire, c'était la consommation de vin rouge. Il était approvisionné, à la buvette des jeux de boules, dans des "pots lyonnais de 45 cl.

Quand les joueurs démarraient en début d'après-midi, et finissaient vers 22 heures, il y avait un bon nombre de "pots" alignés sur la grande table de la buvette.

On ne comptait pas les pots en "nombre", mais en "distance".
Nous avons bu 2 mètres de "pots"...

Le tenancier du Café s'appelait le "père Fauchey". C'était un homme affable et bon enfant. Souvent me confiait l'approvisionnement des "pots". Je devais descendre dans la cave, en soulevant le "trappon". Je remplissais de Beaujolais les pots vides, par le robinet en bois de la "feuillette" (136 litres), puis je les  livrais dans les jeux.

Je n'ai jamais vu de personnes très ivres. Les gens savaient s'arrêter à temps.

 

 

 

 

 

 

 

Les commerces en 1950

Les commerces alimentaires étaient encore nombreux à cette époque. Nous habitions au Bourg, Chemin Neuf. J'allais "faire les comissions", soit chez Suchet, sur la place de la Mairie (vitrine encore existante), soit à "l'Economique" de Jean Bridet au début de la rue de la Mairie.

Monsieur et madame Mouton tenaient leur boulangerie rue Maréchal Foch (vitrine encore visible face aux immeubles récents). Lui au fournil et elle à la vente. On pouvait, le matin, sentir le pain chaud, le voir travailler et terminer ses dernières fournées de la journée.

Je partais avec la liste de commissions et bien sûr le porte-monnaie. A cette époque il n'y avait que peu de produits préemballés dans des sachets colorés et attrayants. Le riz, la farine, les lentilles, le sucre en poudre, ..  étaint stockés dans de grands tiroirs profonds. Les épiciers récupéraient les produits avec leur petite "pelle-couloir", pour les verser dans un petit sac en papier et ensuite les peser pour payer. Les fruits et les légumes étaient en vrac dans des cagettes.

Pour le lait j'allais directement à 50 mètres de la maison, à la ferme Padet. Paulette me remplissait ma petite "berthe à lait" de un litre. Les Padet possédaient plusieurs vaches laitières qu'ils envoyaient paître dans leurs champs du Colombier. Quand elles rentaient en fin de journée pour l'étable, ces bourriques lachaient systématiquement leurs bouses en passant devant notre portail. Cela irritait fortement maman.

Les commerces alimentaires étaient beaucoup plus nombreux dans le quartier de Trèves-Pâques :

- Deux boucheries, deux épiceris, une charcuterie, une boulagerie

Pas très loin, rue Georges Clémenceau et vers la Place Saint Martin deux autres épiceries étaient implatées.


C'état aussi le temps ou existaient deux cordoniers : un au Bourg rue de la Mairie (vitrine encore visible) et un autre à Trèves-Pâques.

La mercerie tenue par Madame Battin était très achalandée. Les petites boites en carton remplies de boutons et autres, faisaient le bonheur des couturières d'un jour.
Son mari s'occupait des matériaux de chauffage et des livraisons : charbon, bois, gaz.

Le médecin, le docteur Cottraux, recevait ses malades dans une pièce de sa villa, rue de la République.

Les cyclistes pouvaient se faire dépanner rapidement dans le petit atelier de la rue Pierre Termier.

Le coiffeur du Bourg (Gadbin) faisait aussi bistrot et siège du Ping-pong club.
Le coiffeur de Trèves-Pâques, rue Pierre Termier, s'appelait Tiffounet.

Ca ne s'invente pas !

 

 

Le Tour de France des années 50

Le Tour de France des années 50 - Tetelpinpin

Le magazine "Miroir Sprint" rapportait les exploits des coureurs. Les textes étaient illustrés par de grandes photos

 

A cette époque, l'été était synonyme de "Tour de France cycliste".

Les maillots et cuissards n'étaient pas bariolés de pub. Les équipes de coureurs  étaient à leurs couleurs "nationales : France, Suisse, Italie, Belgique, Espagne,...D'autres équipes étaient "régionales" : Ouest (maillot blanc, liséré rouge), Sud-Est (maillot violet), ....

On suivait bien sûr, les exploits des grands champions nationaux : Louison Bobet, Gino Bartali, Fausto Coppi, Stan Ockers, Hugo Koblet, Fredi Kubler tous vainqueurs d'un ou de plusieurs Tours de France. Mais on suivait aussi les exploits des sprinters comme Darrigade, et le lyonnais Jean Forestier.

C'est d'ailleurs dans son magasin de "cycles Follis" que mes mes parents m'avaient acheté mon premier vélo de course. Double plateau et dix vitesses !

A cette époque pas de télévision, mais des commentaires en direct à la radio. Georges Briquet était sans doute le plus performant pour donner l'arrivée des sprints dans l'ordre sur une quinzaine de coureurs.

 

La passion de la lecture